Les rendez-vous de la matière

Vous vous souvenez de vos “années pâte à modeler” ?

Oui, vous vous en souvenez… de l’odeur d’abord, doucereuse... puis de la sensation de la pâte souple et élastique entre vos doigts, parfois un peu racornie et piquée de petits grains de saletés à force d'être malaxée…

Vous vous souvenez des formes prodigieuses auxquelles vous donniez vie : des zoos entiers et des planètes très lointaines !

Sans outil demandant une habileté particulière, vous aviez ce pouvoir magique d’imaginer des mondes, cette liberté fascinante de créer à partir de la matière.

La matière, par quoi tout commence, avec quoi tout prend forme.

Beaucoup d’entre nous ne la manipulent plus depuis l'enfance.

D’autres la métamorphosent avec talent et en ont fait leur raison de vivre.

Ce sont les artisans et les créateurs de la matière.

Le salon 𝘓𝘦𝘴 𝘙𝘦𝘯𝘥𝘦𝘻-𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘮𝘢𝘵𝘪𝘦̀𝘳𝘦, organisé par FORMÆ la semaine dernière, en avait rassemblés une centaine pour montrer leur travail et récompenser quatre projets sans rien de commun, si ce n’est la matière :

🔸un paravent articulé en marqueterie de paille de seigle par Marianne Barrier des Ateliers SP (cat. Savoir-faire)

🔸des carreaux en sédiments marins chez GWILEN (cat. Savoir-faire)

🔸 un bio-matériau mycelium par MycoWorks (cat. Industrie)

🔸 un luminaire rétro-futuriste en aluminium, le 𝑆𝘶𝑝𝘦𝑟𝘞𝑖𝘳𝑒 créé par Formafantasma pour Flos (cat. Design)

Ces quatre objets et procédés innovent soit dans leur forme esthétique, soit dans leur engagement pour explorer de façon durable et circulaire les ressources naturelles.

Dessiné par Jean-Michel Wilmotte, le trophée raconte la matière.

Les quatre blocs qui le constituent symbolisent chacun un univers : le bois texturé à la gouge évoque le geste artisanal, le carbone incarne une modernité sophistiquée, le liège expansé parle de nature brute et le «Matière Papier» prend l’allure de la céramique.

J’étais très heureuse aussi de rencontrer et d’échanger avec deux artisans qui explorent brillamment leur savoir-faire et enrichissent leur langage formel grâce à de nouveaux gestes :

Manon Auguste (Myriade Studio) tisse la lumière. Brodeuse de formation, elle intègre à ses textiles muraux des rubans lumineux en cuir ou copeaux de bois qui font vibrer la matière tissée. ✨

Victor Tison (Atelier Tison) fait onduler le laiton. Chaudronnier de formation, il met son savoir-faire industriel en oeuvre pour développer de nouvelles techniques de formage du métal, entre rigueur géométrique et vibration organique.

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