la villa Noailles | centenaire de l’Art déco
C’est une villa héliotrope !… C’est un terrain de jeu créatif !…… C’est un château d'avant-garde !… Que dis-je, c’est un château d'avant-garde ?… C’est un ministère des arts !
De la villa Noailles, on pourrait dire bien des choses en somme…
Cette « petite maison intéressante à habiter » — comme la qualifiait Charles de Noailles dans une lettre à son architecte, Robert Mallet-Stevens — est une oeuvre d’architecture totale, emblématique des Années folles.
Ludwig Mies van der Rohe n’était pas disponible et Le Corbusier trop contrariant… C’est donc au décorateur de cinéma débutant que le jeune couple Noailles en confie la construction en 1923.
Alors qu'à Paris, très au fait des avant-gardes Art déco, les Noailles ont choisi le raffinement sobre de Jean-Michel Frank pour décorer leur hôtel particulier, leur villa à Hyères s’affranchit totalement des arts décoratifs pour adopter les préceptes fonctionnalistes : le luxe n’est pas dans le décor, mais dans les commodités modernes et le dessin des espaces.
On y trouve une piscine intérieure, un terrain de squash, un gymnase, du mobilier modulable et des agencements escamotables, des salles de bain pour chaque chambre et partout, des horloges à commande centrale...
Meublée et équipée par Prouvé, Perriand, Chareau, Breuer ou encore Djo Bourgeois, elle est un véritable manifeste d'art de vivre moderniste.
Charles la conçoit puis l’agrandit progressivement jusqu’en 1934, tandis que Marie-Laure la peuple d’innombrables amis artistes, surréalistes, subversifs, communistes : Cocteau, Bunuel, Dali, Picasso, Gide, Maar, Giacometti, Man Ray, 𝑒𝑡𝑐.
Tour à tour terrain de sport ou plateau de cinéma, la villa Noailles cultive le corps et l’esprit dans une ambiance festive et ludique.
Aujourd’hui, la fête continue à la villa grâce aux festivals et expositions d’art contemporain, d’architecture, de design, de photo et de mode qu’elle accueille depuis 1996.
Inscrite en 1975 et 1987 au registre des monuments historiques, la villa a été restaurée après une longue période d'abandon pour devenir un « centre d'art contemporain d'intérêt national » où se déroule notamment chaque année la Design Parade, festival international de design et d’architecture intérieure.
La 19e édition débute ce week-end, jusqu'à l’automne, pour célébrer les nouveaux talents du design sous l’égide du designer espagnol HAYON JAIME et de l’architecte russe Harry Nuriev, présidents des deux jurys.
À suivre…