Design Parade | Toulon

Épisode 1 | Architecture intérieure à Toulon
Écrasée de chaleur, Toulon bout autant qu’elle bouillonne de créations talentueuses.

Aperçu sélectif des scénographies et des propositions des candidats 2025.

Président du jury du Festival toulonnais, Harry Nuriev ne décore pas, il habille les intérieurs. Sa scénographie, dans la veine de son mouvement « transformisme », détourne et réemploie les objets à de nouveaux usages.
Comme ces centaines de tee-shirt assemblés pour habiller un spectaculaire lit à baldaquin LE LIT NATIONAL, les dizaines de claviers qui forment une table à l'allure futuriste, ou encore ces couverts en inox qui rayonnent en miroirs sorcière…

Anaïs Fernon, lauréate 2024 du Prix Mobilier national, joue les contrastes du chaud et du froid, du silence et du son, avec « Matières sensibles, résonances publiques », réalisé en collaboration avec l’ARC.
Côté face, c’est un dispositif de prise de parole délimité par un paravent revêtu d’inox brossé en un subtil dégradé – dont seule la partie haute offre un jeu de reflet – et opère comme un porte-voix.
Côté pile, c’est un boudoir feutré, insonorisé grâce à l’intégration d’un liège teinté qui donne l’illusion d’un bois précieux. Pour l'agrément d’une conversation confidentielle, elle ajoute un plateau de service à café qui tient au chaud le breuvage et accueille en douceur l'éclatante porcelaine revisitée avec Sèvres - Manufacture et Musée nationaux.

Mention spéciale également pour la scénographie DELISLE de Hugo Drubay — inspirée par le drapé Lanvin — qui crée de sublimes colonnades antiques, surprenantes de fluidité.

Mes coups de coeur vont par ailleurs à deux scénographies ultra-poétiques qui offrent chacune une vision du rivage méditerranéen :

Avec SPOT, Joseph Melka et Balthazar Auguste-Dormeuil explorent le relief rocheux.
Du scan d'un rocher de la presqu’île de Giens, ils ont fait un… canapé en mousse moulée recyclée. On s’y assied confortablement dans les vapeurs de chicha, les effluves d'embruns iodés et d’ambre solaire…

Avec SUBMERGÉ.E.S, Magali Lamoureux et Joanne Riachi créent une ligne d’horizon intérieure tout en sondant les profondeurs marines.
Une douce plage imaginaire en pin maritime –dont les nervures rappellent l’onde aquatique– aspire le regard dans une perpective extérieure, tandis que le sol sableux exhume une lampe à huile, un buste antique, une amphore, archéologie symbole d’une mémoire enfouie…

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