Armand-Albert Rateau | centenaire de l’Art déco

𝘼𝙧𝙢𝙖𝙣𝙙-𝘼𝙡𝙗𝙚𝙧𝙩 𝙍𝙖𝙩𝙚𝙖𝙪 regarde ailleurs que ses contemporains... et c'est à l’écart du graphisme géométrique, et encore plus du fonctionnalisme moderniste, qu'il écrira une page très singulière du style Art déco.

Formé à l’ébénisterie à l’𝙀́𝙘𝙤𝙡𝙚 𝘽𝙤𝙪𝙡𝙡𝙚, il prend le contrepied de l'héritage classique pour forger un style figuratif néoclassique où la faune et la flore s’entremêlent avec une délicatesse parfois malicieuse et donnent à ses miroirs, luminaires, laques, consoles et autres tables, une élégante vitalité.

Sortie de l’école à 17 ans, c’est au dessin qu’il se consacre, d'abord pour des joailliers (Cartier, Fouquet), puis pour le décorateur Georges Hoentschel.

En 1904, il prend à 23 ans la direction artistique de la maison 𝐴𝑙𝑎𝑣𝑜𝑖𝑛𝑒 𝑒𝑡 𝐶𝑖𝑒. et dirige durant dix ans de prestigieux projets : des hôtels particuliers, des boutiques de luxe, comme Tiffany & Co.

Démobilisé en 1919, il s’installe à son compte, fort de sa réputation déjà acquise et d'une puissante inspiration puisée lors d’un voyage fondateur effectué en Campanie juste avant la Guerre.

C'est donc l’ornementation antique, découverte à Naples et Pompéi –teintée de miniature persane– qui va profondément nourrir son imaginaire et son style.

Le succès est fulgurant : des clients fortunés et cosmopolites, comme les Blumenthal et les Vanderbilt, lui confient des chantiers, en France comme outre-atlantique.

Il ouvre ses propres ateliers où oeuvre une centaine d’artisans qui pratiquent une dizaine de savoir-faire : ébénisterie, bronze, stuc, marbre, albâtre, tapisserie, laque, 𝘦𝘵𝘤.

Sa rencontre avec 𝗝𝗲𝗮𝗻𝗻𝗲 𝗟𝗮𝗻𝘃𝗶𝗻 est par ailleurs déterminante. Il l'accompagne dans la création de 𝐿𝑎𝑛𝑣𝑖𝑛 𝐷𝑒́𝑐𝑜𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 et déploie un véritable manifeste de son style avec la décoration des appartements de son hôtel particulier.

Légués par Louis de Polignac avant la destruction de l’hôtel particulier, le boudoir, la salle de bain et la chambre parfaitement reconstitués sont aujourd’hui visibles au MAD Paris.

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