Suite 2046

Je parle peu de MAISON&OBJET, car l’artisanat d’art et le luxe trouvent généralement –en parallèle du salon– plus leur place au coeur de Paris, dans des rues ornées de lampions géants et des galeries qui déploient en grand les étoffes de Paris Déco Off.

Pourtant, cette année, un architecte d'intérieur y a particulièrement mis en valeur 𝗹’𝗲𝘅𝗰𝗲𝗹𝗹𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝘀𝗲𝗻𝘀 𝗱𝘂 𝗹𝘂𝘅𝗲.

L'obscur parcours de velours, que Rudy Guénaire a imaginé en préambule de sa 𝚂𝚞𝚒𝚝𝚎 𝟸0𝟺𝟼, égrène dans une succession d'étapes chaque petit détail qui fait toute la différence dans un hôtel rêvé.

Son inventaire d’exigence fait ainsi l’éloge de la carafe ancienne à bouchon, du vide-poche ou encore de la véritable clé à pompon en passementerie de soie.

Il propose de troquer le trop encombrant coffre-fort contre le bonheur de sentir des fleurs fraîches – et surtout pas artificielles !–  et de remplacer l'hideuse télévision par une sélection de livres.

Il suggère d'accrocher aux murs un peu d’art, du vrai, pas du facsimilé –par pitié !– et de la jolie papeterie dans les tiroirs pour réhabiliter la missive romantique.

Il appelle de ses voeux le cendrier et la bougie parfumée, « 𝘤𝘢𝘳 𝘪𝘭 𝘯'𝘺 𝘢 𝘲𝘶𝘦 𝘭𝘦𝘴 𝘣𝘦𝘢𝘶𝘹 𝘱𝘢𝘳𝘧𝘶𝘮𝘴 𝘲𝘶𝘪 𝘴𝘢𝘷𝘦𝘯𝘵 𝘰𝘧𝘧𝘳𝘪𝘳, 𝘦𝘯 𝘶𝘯𝘦 𝘪𝘯𝘴𝘱𝘪𝘳𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯, 𝘭𝘢 𝘧𝘳𝘢𝘪𝘤𝘩𝘦𝘶𝘳 𝘥'𝘶𝘯 𝘴𝘰𝘶𝘷𝘦𝘯𝘪𝘳 𝘱𝘦𝘳𝘥𝘶 », ou encore, un 𝘥𝘳𝘪𝘯𝘬 servi dans un verre raffiné en cristal.

Il fustige le verre à dents en plastique sous sachet…plastique, les chaussons informes en carton et bouclette éponge rêche et le sempiternel blanc du linge de table voué à l’immaculée déception…

J’ai particulièrement apprécié sa dernière réclamation : « 𝘘𝘶𝘢𝘯𝘥 𝘭𝘦 𝘤𝘩𝘰𝘪𝘹 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘱𝘳𝘪𝘴𝘦 𝘷𝘪𝘦𝘯𝘵, 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘢𝘶𝘵𝘳𝘦𝘴 𝘩𝘰̂𝘵𝘦𝘭𝘪𝘦𝘳𝘴, 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘢𝘷𝘦𝘻 𝘵𝘰𝘶𝘫𝘰𝘶𝘳𝘴 𝘤𝘦 𝘮𝘦̂𝘮𝘦 𝘳𝘦́𝘧𝘭𝘦𝘹𝘦 𝘳𝘦𝘱𝘵𝘪𝘭𝘪𝘦𝘯: « 𝘱𝘳𝘦𝘯𝘰𝘯𝘴 𝘥𝘦𝘴 𝘱𝘳𝘪𝘴𝘦𝘴 𝘮𝘰𝘤𝘩𝘦𝘴, 𝘤'𝘦𝘴𝘵 𝘶𝘯 𝘥𝘦́𝘵𝘢𝘪𝘭, 𝘱𝘦𝘳𝘴𝘰𝘯𝘯𝘦 𝘯𝘦 𝘭𝘦𝘴 𝘷𝘦𝘳𝘳𝘢 ». 𝘊𝘪𝘵𝘰𝘯𝘴 𝘓𝘶𝘥𝘸𝘪𝘨 𝘔𝘪𝘦𝘴 𝘷𝘢𝘯 𝘥𝘦𝘳 𝘙𝘰𝘩𝘦 𝘦𝘵 𝘴𝘰𝘯 « 𝘎𝘰𝘥 𝘪𝘴 𝘪𝘯 𝘵𝘩𝘦 𝘥𝘦𝘵𝘢𝘪𝘭𝘴», 𝘦𝘵 𝘯𝘰𝘶𝘴 𝘷𝘰𝘶𝘴 𝘭𝘢𝘪𝘴𝘴𝘦𝘳𝘰𝘯𝘴 𝘥𝘦́𝘤𝘪𝘥𝘦𝘳 𝘦𝘯𝘵𝘳𝘦 𝘴𝘦𝘴 𝘥𝘦𝘶𝘹 𝘣𝘦𝘭𝘭𝘦𝘴 𝘤𝘪𝘵𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘭𝘢𝘲𝘶𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘦𝘴𝘵 𝘦𝘯𝘵𝘳𝘦́𝘦 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦 𝘱𝘢𝘯𝘵𝘩𝘦́𝘰𝘯 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘭𝘪𝘵𝘵𝘦́𝘳𝘢𝘵𝘶𝘳𝘦 𝘥’𝘢𝘳𝘤𝘩𝘪𝘵𝘦𝘤𝘵𝘶𝘳𝘦. »

...

C’est alors que l’on débouche en extase dans cette chambre éphémère à l’âme cinétique, meublée d’objets gracieux et de matières précieuses, d’intentions oniriques et d'émotion poétique.

𝙱𝚒𝚎𝚗𝚟𝚎𝚗𝚞𝚎 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚕𝚊 𝚂𝚞𝚒𝚝𝚎 𝟸0𝟺𝟼.
𝙻𝚎𝚜 𝚊𝚗𝚗𝚎́𝚎𝚜 𝚘𝚗𝚝 𝚙𝚊𝚜𝚜𝚎́…
𝙼𝚊𝚒𝚜 𝚘𝚗 𝚏𝚊𝚒𝚝 𝚝𝚘𝚞𝚓𝚘𝚞𝚛𝚜 𝚊𝚞𝚜𝚜𝚒 𝚋𝚒𝚎𝚗 𝚕'𝚊𝚖𝚘𝚞𝚛 𝚍𝚊𝚗𝚜 𝚞𝚗𝚎 𝚌𝚑𝚊𝚖𝚋𝚛𝚎 𝚍’𝚑𝚘̂𝚝𝚎𝚕.


Merci Rudy Guénaire. ✨

Précédent
Précédent

Les métiers d’art sont nos terres rares

Suivant
Suivant

Le moche peut-il faire du Bien comme le Beau ?