Pierre Chareau | centenaire de l’Art déco

Le doux regard de 𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐂𝐡𝐚𝐫𝐞𝐚𝐮 contient toute la force de sa vision.

Recalé à l’École des Beaux-Arts, il dessine pourtant jusqu’en 1914 chez Waring & Gillow, une fabrique britannique de meubles 𝘈𝘳𝘵𝘴 & 𝘊𝘳𝘢𝘧𝘵𝘴.

En 1919, il s’établit à son compte avec un atelier de fabrication de mobilier, rue Nollet à Paris, puis ouvre en 1924 𝘓𝘢 𝘉𝘰𝘶𝘵𝘪𝘲𝘶𝘦 rue du Cherche-Midi où il vend ses créations et celles de ses amis, Jean Lurçat, Hélène Henry, Georges Braque…

À l'aube des années 20, il s'affirme avec un mobilier d’avant-garde qui associe bois et métal.

Quand d'autres utiliseront plus tard le tube chromé, il marie le palissandre, l’acajou ou le noyer, au fer forgé.

Ses créations, réalisées avec la complicité du ferronnier Louis Dalbet, jouent l’alliance du chaud et du froid, le contraste du bois vernis brillant et du métal patiné mat.

Évolutives, elles pivotent et coulissent pour combiner astucieusement plusieurs fonctions : l’étagère se fait ainsi cache-radiateur, le bureau, bibliothèque.

Il conçoit aussi ses aménagements d’intérieur comme des espaces modulables à l’aide de tentures et d’écrans déployés au gré des besoins, pour transformer un salon en chambre ou en bureau.

En autodidacte, il se lance aussi, avec audace et par amitié, dans la réalisation architecturale de la résidence privée la plus révolutionnaire de son époque : 𝐥𝐚 𝐌𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐯𝐞𝐫𝐫𝐞.

Ses amis, le couple Dalsace, le sollicitent après l’𝗘𝘅𝗽𝗼𝘀𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗮𝗿𝘁𝘀 𝗱𝗲́𝗰𝗼𝗿𝗮𝘁𝗶𝗳𝘀 𝗲𝘁 𝗶𝗻𝗱𝘂𝘀𝘁𝗿𝗶𝗲𝗹𝘀 𝗺𝗼𝗱𝗲𝗿𝗻𝗲𝘀 de 1925 à laquelle il a participé avec son bureau-bibliothèque pour le 𝘓𝘦 𝘗𝘢𝘷𝘪𝘭𝘭𝘰𝘯 𝘥𝘦 𝘭'𝘈𝘮𝘣𝘢𝘴𝘴𝘢𝘥𝘦 𝘧𝘳𝘢𝘯𝘤̧𝘢𝘪𝘴𝘦.

Associé à l’architecte hollandais Bernard Bijvoet – pour pallier sa carence de diplôme 𝑎𝑑 ℎ𝑜𝑐 – il combine de 1928 à 1932, briques de verre, poutrelles d’acier et dalles de caoutchouc avec une obsession de perfection.

Dans le secret d’une arrière-cour de Saint-Germain des Prés, Pierre Chareau a érigé une maison dont Richard Rogers a dit "[elle] est certainement la moins connue mais la plus belle des maisons du XXe siècle."

Pionnier prolifique, avec 39 salons et expositions à son actif entre 1919 à 1940 et 90 aménagements intérieurs, publics ou privés, il est contraint de s’exiler aux USA en 1940, mais peine à s’y faire une place... Il décède dix ans plus tard à New-York d’une hémorragie cérébrale.

Précédent
Précédent

Académie Hermès des savoir-faire / bis

Suivant
Suivant

A - comme Architecture