L'exposition Christofle au Musée des Arts Décoratifs est à voir si vous voulez comprendre –grâce à une scénographie très réussie– la trajectoire exemplaire d'une maison d'art de vivre de luxe fondée sur un métier d'art et qui a toujours su allier :

🔸𝒍𝒂 𝒕𝒓𝒂𝒅𝒊𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒖 𝒔𝒂𝒗𝒐𝒊𝒓-𝒇𝒂𝒊𝒓𝒆

Fonte, planage, tournure, ciselure, monture, patine... l'atemporalité de Christofle réside dans le savoir-faire des artisans d'art du métal. Grâce aux gestes ancestraux qui maîtrisent parfaitement les propriétés de la matière, la maison a pu repousser les limites de l'imagination dans les règles de l'art.

🔸𝒍'𝒊𝒏𝒏𝒐𝒗𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒕𝒆𝒄𝒉𝒏𝒊𝒒𝒖𝒆

À l'origine bijoutier, Christofle opère un repositionnement décisif en achetant le brevet de l'argenture et de la dorure par électrolyse. Elle développe aussi la pratique de la galvanoplastie pour réaliser des formes métalliques creuses. À la moitié du XIXe siècle, la maison devient orfèvre, s'invite aux tables des têtes couronnées et des puissants du monde entier et remporte tous les prix dans les expositions universelles.

🔸𝒍𝒆 𝒓𝒆𝒏𝒐𝒖𝒗𝒆𝒍𝒍𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒄𝒓𝒆́𝒂𝒕𝒊𝒇

Des surtout de table monumentaux de style Empire jusqu'aux créations épurées de Andrée Putman ou Gio Ponti, en passant par les volutes végétales des services Art nouveau et les arêtes géométriques Art déco, Christofle n'a eu de cesse de se réinventer. Sous l'influence du courant orientaliste, la maison a même introduit la couleur avec des patines et des émaux cloisonnés étonnants...

À voir jusqu'au 20 avril.

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