Charlotte Perriand | centenaire de l’Art déco

Charlotte Perriand sourit. Sur toutes les photos.

Ce sourire perpétuel dit le bonheur d’embrasser son art et sa vie avec une totale liberté.

De son père tailleur et de sa mère couturière de haute couture, elle hérite du goût de la création et du bel ouvrage.

« L’équipement de l’habitation » [dixit] devient son sujet lors d’un séjour à l’hôpital où elle est opérée à 13 ans d’une appendicite. Elle y a le coup de foudre pour le dénuement clinique de sa chambre en comparaison du fouillis de la maison familiale.

Elle étudie à l’Union centrale des Art décoratifs de Paris, formée par Maurice Dufrène et Henri Rapin, figures de l’Art déco. Si elle en retient l’exigence de la fabrication dans les règles de l’art, elle a déjà néanmoins une tout autre idée de ce que sera son « art décoratif » : tout sauf décoratif !

Diplômée en 1925, elle rompt avec l’esthétique « pleine de chichis et de zizis » du faubourg Saint-Antoine.

Elle affirme très vite son style radical, humaniste et avant-gardiste où priment la fonctionnalité, l’ergonomie, l’harmonie entre le corps, le meuble et l’espace. Car son sujet, c’est l’homme, pas l’objet [dixit].

Inspirée par la carrosserie automobile, elle expose dès 1927 au Salon d’Automne de Paris. Le succès de son « Bar sous le toit » en acier chromé et aluminium anodisé la porte aux nues.

Suivent dix années d’association avec Le Corbusier, pour les villas duquel elle crée le mobilier et l’équipement. Que des pièces iconiques, comme la Chaise longue basculante LC4.

Engagée, elle s’intéresse aux problématiques politiques et sociales du logement et à l’habitat collectif pour servir une vision moderne et fonctionnaliste des arts décoratifs.

De nombreux voyages l’amènent vers d’autres matériaux, traditions et savoir-faire.

Le Japon et le bambou, le Brésil et le palissandre…

Et toujours la montagne, sa première nature.

Elle s’y ressource régulièrement et c’est là que va grandir son amour du bois et les formes simples de ses chaises paillées, tabourets à trois pieds et tables massives.

Son sourire plus éclatant au fil des années semble dire qu’au terme d’une longue vie, Charlotte Perriand s’est accomplie pleinement.

Précédent
Précédent

De l’habit à l’habitat, dialogue du luxe et des arts décoratifs

Suivant
Suivant

Être, Avoir, Savoir-faire. La conjugaison du vrai luxe