Salon Prototype, l’innovation des métiers d’art

Au salon Prototype, organisé pour la première fois par French Craft Guild les 4 et 5 février , je n'ai vu ni gadget, ni folklore dans l'innovation des métiers d’art, mais de la vraie recherche appliquée.

Petit aperçu de mes découvertes :

🔸 𝑈𝑛 𝑝𝑎𝑝𝑖𝑒𝑟 𝑝𝑒𝑖𝑛𝑡 𝑐ℎ𝑎𝑢𝑓𝑓𝑎𝑛𝑡

Les ateliers © D'OFFARD et Noir Vif ont combiné chimie des polymères conducteurs, dimensionnement électrique, création graphique algorithmique et savoir-faire artisanal pour créer un papier peint rayonnant basse tension.

Une idée étonnante qui renoue avec les tapisseries d’antan utilisées pour protéger du froid. 𝗟’𝗮𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗮 𝗽𝗮𝗿𝗳𝗼𝗶𝘀 𝗹𝗮 𝗺𝗲́𝗺𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗹𝗼𝗻𝗴𝘂𝗲…


🔸 𝐷𝑢 𝑏𝑜𝑖𝑠 𝑏𝑟𝑜𝑑𝑒́

Inspiré par une tapisserie angevine, Jean-Brieuc CHEVALIER s’est fait connaître avec 𝑀𝘪𝑙𝘭𝑒𝘧𝑙𝘦𝑢𝘳𝑠, un paravent en bois marqueté et brodé, récompensé par le prix de 𝘭’𝘐𝘯𝘵𝘦𝘭𝘭𝘪𝘨𝘦𝘯𝘤𝘦 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘮𝘢𝘪𝘯 Fondation Bettencourt Schueller . Conception numérique, commande assistée par ordinateur, puis des milliers de perles de nacre japonaises cousues à la main.

La sellette exposée illustrait ce savoir-faire unique, où la matière prend vie, 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗰𝗼𝘂𝗹𝗲́𝗲 𝗱𝗲 𝘀𝗲̀𝘃𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗯𝗼𝗶𝘀... ✨

🔸 𝐷𝑒 𝑙𝑎 𝑙𝑎𝑞𝑢𝑒 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑒𝑧 𝑛𝑜𝑢𝑠

Thomas Noui, doté d’une licence "Frontières du Vivant" puis formé à École Camondo, explore les propriétés du goudron de pin comme substitut à la laque japonaise.
Son parcours croise biologie, chimie, design et artisanat.

Aujourd’hui il est accompagné par le 𝘓𝘢𝘣𝘰𝘳𝘢𝘵𝘰𝘪𝘳𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘱𝘳𝘢𝘵𝘪𝘲𝘶𝘦𝘴 𝘥𝘶𝘳𝘢𝘣𝘭𝘦𝘴 des Manufactures nationales, 𝗹𝗮𝗯𝗼𝗿𝗮𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗿𝗲𝗰𝗵𝗲𝗿𝗰𝗵𝗲 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗰 𝗱𝗲́𝗱𝗶𝗲́ 𝗮𝘂𝘅 𝗺𝗲́𝘁𝗶𝗲𝗿𝘀 𝗱'𝗮𝗿𝘁 qui encourage la recherche de matières alternatives et facilite l'accès aux processus de certification des solutions innovantes.


🔸 𝑈𝑛𝑒 𝐼𝐴 𝑅𝑢ℎ𝑙𝑚𝑎𝑛𝑛

Pour les 100 ans de l’Art déco, la Sèvres - Manufacture et Musée nationaux, avec Studio In-Flexions, ont développé un programme génératif à partir du célèbre vase de Ruhlmann.
Empilement de cylindres, variations infinies, et soudain… je "crée" mon propre vase.
Vertige 𝘥𝘪𝘨𝘪𝘵𝘢𝘭 𝘤𝘳𝘢𝘧𝘵...


À sa manière, l’artisan d’art a toujours travaillé comme un chercheur : il expérimente, ajuste, recommence, porté par sa curiosité fondamentale, son rapport intime au geste, à la matière et aux usages.

Ce que je retiens de ce salon, c'est que l’algorithme, les sciences ou les techniques dont il s’enrichit aujourd’hui ne changent pas son intention, mais élargissent juste son champ des possibles.

💡Croiser l’intelligence de la main avec d’autres disciplines et outils ne dénature pas les métiers d’art, mais produit une innovation ancrée, au service de la durabilité et de besoins réels.

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