L’héritage de 1925 | Centenaire de l’Art déco

Neuf figures majeures du style Art déco

Le 30 novembre 1925, l’𝘌𝘹𝘱𝘰𝘴𝘪𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘪𝘯𝘵𝘦𝘳𝘯𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯𝘢𝘭𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘢𝘳𝘵𝘴 𝘥𝘦́𝘤𝘰𝘳𝘢𝘵𝘪𝘧𝘴 𝘦𝘵 𝘪𝘯𝘥𝘶𝘴𝘵𝘳𝘪𝘦𝘭𝘴 𝘮𝘰𝘥𝘦𝘳𝘯𝘦𝘴 s’achevait, après avoir accueilli 15 millions de visiteurs en 7 mois.

Bien qu'il en manque (Dufrène, Groult, Patout, Arbus, Doucet, 𝘦𝘵𝘤.), ma série de portraits des grandes figures de l’Art déco touche aussi à sa fin.

Au fil des profils, j'ai été frappée par un même contraste : des créateurs à l’allure très classique… qui ont pourtant révolutionné les arts décoratifs en une décennie.

Et comme dans toute révolution, deux camps s'opposent.

D’un côté, l’𝐴𝑚𝑏𝑎𝑠𝑠𝑎𝑑𝑒 𝑓𝑟𝑎𝑛𝑐̧𝑎𝑖𝑠𝑒, sous la houlette de la SAD (Société des Artistes Décorateurs), qui expose du mobilier et des décors opulents composés de matières précieuses, souvent très exotiques.

De l’autre, le 𝑃𝑎𝑣𝑖𝑙𝑙𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑙’𝐸𝑠𝑝𝑟𝑖𝑡 𝑛𝑜𝑢𝑣𝑒𝑎𝑢, à l’architecture épurée et au décor moderniste, conçu par Le Corbusier, co-créateur de l’UAM (Union des Artistes Modernes) en 1929.

Le portail de l’exposition

Le duel est campé.

Entre la SAD qui défend le raffinement français, ses métiers d’art et le savoir-faire artisanal, l’ornement dans un luxe de détails et une élégance érudite nourrie de matériaux rares et nobles.

Et l’UAM qui prône un style minimaliste, des matériaux hygiéniques, une production standardisée accessible à tous et renouvelable, le design comme un système fonctionnel.

Qu’on ne s’y trompe pas, ce conflit n’est pas qu’esthétique : il oppose deux visions de la société, deux façons d’habiter le monde.

L’une veut moderniser un héritage enraciné dans les métiers d’art 𝘥𝘦 𝘧𝘢𝘤𝘵𝘰 élitiste.

L’autre, imposer une modernité plus démocratique... et y parvient.

Un siècle plus tard, c'est un peu comme si la SAD prenait sa revanche sur l’UAM.…

La suprématie du design conceptuel, désincarné et industriel s'estompe et les créateurs se réconcilient avec l’atelier et la matière.

La pièce unique sur-mesure, la fabrication artisanale d'exception —longtemps jugées archaïques — retrouvent une place de choix dans les arts décoratifs.

Les architectes d'intérieur et designers réapprennent à collaborer avec les artisans d'art.

Le cerveau qui se reconnecte à la main répond à nos enjeux contemporains sur l’environnement et à notre nouveau de préserver les ressources.

Le design mêlé à l’artisanat diffuse une conscience de la durabilité et de la sobriété écologique pour que l’objet vienne en harmonie au monde.

En 2025, la création reprend du sens à travers la main et la matière.

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Le luxe, chef de file de l’intelligence artisanale