Jacques-Émile Ruhlmann | centenaire de l’Art déco
Le MAD Paris vient d'inaugurer une toute petite exposition (une mise en bouche de celle prévue cet automne) qui a le mérite de montrer une facette moins connue de cette figure emblématique des années 20 : celle du 𝗱𝗲𝘀𝘀𝗶𝗻𝗮𝘁𝗲𝘂𝗿 de motifs de papier peint qui débute sa carrière dans l'entreprise paternelle de revêtement mural, peinture et miroiterie.
Après avoir repris l’affaire familiale, Jacques-Émile Ruhlmann lance en 1919 sa propre entreprise d’architecture intérieure et de fabrication de meubles et s’impose très vite comme une référence dans le milieu, digne héritier –sans être lui-même ébéniste– de la grande 𝗲́𝗯𝗲́𝗻𝗶𝘀𝘁𝗲𝗿𝗶𝗲 du XVIIIe siècle.
Il fait d'abord appel aux artisans du Faubourg Saint-Honoré, puis crée en 1923 son propre atelier, où il emploie les meilleurs ébénistes –formés notamment à l'École Boulle– auxquels il confie la réalisation de ses dessins.
Les lignes épurées, les courbes délicates et les formes harmonieuses de ses créations témoignent d’une recherche constante d’𝗲́𝗾𝘂𝗶𝗹𝗶𝗯𝗿𝗲 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗽𝗲𝗿𝗳𝗲𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻.
Quant à sa conception globale de l’aménagement décoratif d’intérieur –du choix des tentures au fauteuil, en passant par les luminaires– elle lui vaut l’appellation d' «𝗲𝗻𝘀𝗲𝗺𝗯𝗹𝗶𝗲𝗿-𝗱𝗲́𝗰𝗼𝗿𝗮𝘁𝗲𝘂𝗿 ».
Sa renommée est à son apogée avec l'𝐻𝑜̂𝑡𝑒𝑙 𝑑𝑢 𝑐𝑜𝑙𝑙𝑒𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛𝑛𝑒𝑢𝑟 qu’il créé pour l’𝐸𝑥𝑝𝑜𝑠𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑛𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑎𝑙𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑎𝑟𝑡𝑠 𝑑𝑒́𝑐𝑜𝑟𝑎𝑡𝑖𝑓𝑠 de 1925.
Son travail qui conjugue 𝗹𝘂𝘅𝗲 𝗲𝘁 𝗶𝗻𝗻𝗼𝘃𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 marquera profondément l’histoire du mobilier français.