Le sourire de Chanel
Depuis le premier défilé de CHANEL sous la houlette de Matthieu Blazy, on commente le retour de la bonne humeur sur le 𝘤𝘢𝘵𝘸𝘢𝘭𝘬.
Le mannequin Awar Odhiang avait marqué les esprits en clôturant ce défilé avec un sourire radieux.
Les clichés du shooting de cette même collection réalisé à la Pausa –la villa de Gabrielle Chanel à Roquebrune-Cap-Martin– révèlent aussi une certaine joie de vivre.
Enfin, cette semaine, c'est un sourire délicat qui a parachevé le défilé Chanel haute couture, un souffle poétique tout en tweed ébouriffé et mousseline vaporeuse, broderies luxuriantes de sequins et parements ondoyants de plumes.
Une séquence aérienne où la matière frémissante fait oublier les expressions figées et les moues dédaigneuses, où le textile habile illumine les mines et redonne le sourire.
Ce sourire trop longtemps jugé commun, pas assez distingué pour une chose sérieuse comme la haute couture, considéré comme une fissure vulgaire sur la figure marmoréenne, serait-il donc bien de retour ?
Certains pensent que c'est une vogue passagère, d’autres une réponse à l’époque anxiogène, voire une réaction à la montée des totalitarismes (sic).
Je tente une autre explication de ce plaisir qu'on ne veut plus bouder.
Je me plais à croire que c’est le signe qu'on se rappelle enfin que 𝘀𝗮𝘃𝗼𝗶𝗿 ➕ 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 🟰 𝘀𝗮𝘃𝗼𝗶𝗿-𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲
J’aime penser que c’est l'effet d'une réconciliation entre le créateur intellectuel et le fabricant manuel, entre le design et l'artisanat.
Je vois dans ces beaux sourires 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗿𝗮𝘆𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗮̀ 𝗳𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗱’𝗼𝗯𝗷𝗲𝘁 : la métamorphose magique de la matière, la passion du geste bien fait et le bonheur de la création artisanale.
Pour moi, ils sont l'expression 𝒅𝒖 𝒃𝒆𝒂𝒖 𝒒𝒖𝒊 𝒇𝒂𝒊𝒕 𝒅𝒖 𝒃𝒊𝒆𝒏.